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Compaoré a été arrêté à l'aéroport Charles de Gaulle à Paris en octobre 2017 à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par le gouvernement du Burkina Faso [Dossier : Ahmed Ouoba/AFP]
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François Compaoré est recherché dans son pays d’origine pour le meurtre en 1998 du journaliste d’investigation Norbert Zongo.

Le gouvernement burkinabé a salué la décision de la France d’extrader François Compaoré, le frère de l’ancien président de longue date du Burkina Faso, vers son pays d’origine où il est recherché pour le meurtre de l’éminent journaliste d’investigation Norbert Zongo il y a plus de 20 ans.

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction française pour les affaires impliquant l’administration publique, a rejeté l’appel des avocats de Compaoré contre une décision antérieure d’extradition, affirmant qu’il n’y avait aucun motif constitutionnel ou autre pour annuler la décision.

Le Burkina Faso a salué vendredi cette décision comme une “victoire”.

“Nous sommes convaincus du bien-fondé de notre demande”, a déclaré Ousseni Tamboura, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

François Compaoré est le frère cadet de Blaise Compaoré, qui a été contraint de démissionner en 2014 face à des manifestations de masse contre une tentative de prolonger son règne de 27 ans, qui avait commencé par un coup d’État. L’ancien président est depuis en exil en Côte d’Ivoire voisine.

Le corps carbonisé de Zongo, directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été retrouvé le 13 décembre 1998, avec trois collègues tués dans une voiture incendiée sur une route au sud de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.

Les meurtres ont déclenché des manifestations de masse au Burkina Faso et ont suscité une condamnation internationale.

Zongo enquêtait sur la mort de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré.

Initialement, un seul suspect, Marcel Kafando, membre de la garde présidentielle, a été inculpé pour le meurtre puis acquitté.

Le Burkina Faso a clos l’enquête après avoir libéré le gardien, mais la justice a rouvert l’affaire après la destitution de Blaise Compaoré.

Une enquête indépendante ordonnée par le gouvernement suivant a conclu que l’assassinat était lié aux activités professionnelles du journaliste qui avait l’habitude de découvrir des irrégularités au sein du gouvernement Compaoré.

Six suspects, tous membres de la garde présidentielle, ont été identifiés par les enquêteurs indépendants et trois ont été inculpés.

La justice burkinabé soupçonne François Compaoré d’avoir ordonné le coup, bien qu’il n’ait été inculpé d’aucun crime jusqu’à présent.

La police française a arrêté Compaoré à l’aéroport Charles de Gaulle à Paris en octobre 2017 à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par le gouvernement de son pays. En 2020, le Burkina Faso a passé un accord avec la France pour son extradition.

Les avocats de Compaoré ont déclaré vendredi que leur client était prêt à affronter la justice de son pays « avec dignité, honneur et responsabilité ».

Mais ils ont ajouté dans un communiqué envoyé à l’agence de presse AFP qu’il estimait que l’extradition était motivée par des considérations politiques et que le conseil n’avait pas pris en compte le risque de torture, de traitement inhumain et d’un procès inéquitable qui l’attendait.

« Il serait certainement exposé à de tels risques s’il était remis au Burkina Faso », ont-ils déclaré.

Compaoré a fait appel devant la Cour européenne des droits de l’homme dans l’espoir d’arrêter l’extradition, ont-ils déclaré.

Le tribunal a donné à la France jusqu’au 3 août pour s’assurer que Compaoré ne soit pas torturé dans son pays.

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