fbpx

Côte D’Ivoire: Les difficultés des transformateurs ivoiriens de cajou

Côte D’Ivoire Les difficultés des transformateurs ivoiriens de cajou

La production d’anacarde a connu une belle année 2021 en Côte d’Ivoire. Le pays est le premier producteur mondial avec 950 000 tonnes produites. Il ambitionne de porter la transformation locale de cajou à 50% de sa production en 2025 contre 10% aujourd’hui. Pourtant, les transformateurs ivoiriens tirent la langue et deux d’entre eux, FMA industry et CASA, ont mis la clé sous la porte ces dernières semaines.

La Côte d’Ivoire affiche des objectifs ambitieux pour son anacarde. Transformer localement la moitié de sa production d’ici quelques années. Conquérir le marché américain. S’affranchir de la concurrence très rude des Indiens et des Vietnamiens.

Mais pour l’instant, ces objectifs sont loin d’être atteints de l’avis des experts. Indiens et Vietnamiens – qui achètent, traitent et réexportent de gros volumes – sont de loin les leaders de la transformation. Ils ont une main-d’œuvre qualifiée et une tradition industrielle dans ce domaine de plusieurs décennies. Ils ont les machines et un accès simple et direct à la maintenance. Sur ce dernier point déjà, la Côte d’Ivoire est tributaire de ces deux pays. Deux pays qui s’approvisionnent en noix brutes aussi sur le marché ivoirien. Avec leurs partenaires locaux, le Vietnam et l’Inde achètent 80% de la production ivoirienne. D’où la difficulté des usines ivoiriennes à s’approvisionner. Cela les contraint aussi à stocker, engendrant des coûts supplémentaires.

Autre problème pour les petits transformateurs ivoiriens : l’absence de financement. Si les grosses multinationales s’entendent avec les banques, c’est directement entre maisons-mères. Au niveau national ou local, les banques ne suivent pas les petits industriels, trop exposés au risque et trop lents à commencer à être rentables. Et puis le coût de l’énergie est trop cher, ajoute un industriel.

Soutenir les transformateurs de l’anacarde

Toutefois en Côte d’Ivoire, la volonté politique d’accélérer la transformation est réelle. Elle s’appuie sur une main-d’œuvre jeune dont cette industrie a besoin, sur des infrastructures de qualité, et sur des centres de formation technique, comme l’usine-école créée il y a un an à Yamoussoukro.

Mais les industriels ivoiriens appellent leur gouvernement à faire davantage pour pouvoir lutter contre la concurrence asiatique. Davantage dans les mesures incitatives comme les subventions ou les coups de pouce fiscaux. Que les subventions ne soient d’ailleurs pas les mêmes pour les multinationales et pour les petits transformateurs.

Enfin, pour empêcher le gros de la production de partir vers l’Asie laissant les usines locales sur leur faim, les transformateurs ivoiriens proposent qu’une part de la production leur soit réservé ou qu’une fenêtre exclusive d’achat leur soit garantie pendant quelques semaines.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *