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La quasi-totalité du territoire du Burkina Faso a connu de grandes manifestations pendant le weekend. L’opposition réclame que le président Kaboré intensifie ses efforts dans la résolution de la crise sécuritaire.

Depuis les évènements tragiques à Solhan le 4 juin, l’Etat burkinabé est dans l’œil du cyclone. L’agenda du président Roch Marc Christian Kaboré est lourdement critiqué par l’opposition. Et malgré la réussite de l’Etat burkinabé dans plusieurs secteurs, depuis 2015, la crise sécuritaire due à la menace terroriste ne cesse de s’aggraver.

C’est donc, en plus d’une offensive politique de l’opposition, une expression de peur de la part des populations.  Les marches citoyennes ont été observées dans 44 des 45 provinces du pays. Aucun débordement n’a été signalé. Et les manifestants ont exprimé leur solidarité avec les forces de sécurité. Cependant, ils ont aussi tenu des propos durs envers le gouvernement et l’Etat en général.

Les conséquences de l’attentat de Solhan

Le chef d’Etat burkinabé a tenté de trouver une solution définitive aux attaques terroristes depuis son élection. Kaboré a formé une coalition avec son concurrent dans la dernière élection présidentielle. Zéphirin Diabré, ministre chargé de la Réconciliation nationale, a fait de grands pas dans la pacification des régions menacées. Le cessez-le-feu entre l’Etat et les groupes terroristes du Nord, appartenant à AQMI, avait grandement réduit le nombre et l’intensité des attaques terroristes sur le territoire burkinabé.

Toutefois, la montée en puissance de l’Etat Islamique (Daech), dont deux groupes sont actifs au Burkina Faso, a atteint l’Est du pays. Et les meurtres des civils dans les attentats terroristes ont exaspéré les populations. Surtout en considérant que le processus politique et militaire de l’Etat faisait enfin ses preuves. En l’occurrence,l’opération l’opération “Houné”  est considérée comme un succès historique de l’armée burkinabé.

Cependant, à cause de la peur générée par l’attentat de Solhan, des milliers de civils déplacés hésitent à retrouver leurs foyers. Pourtant, l’Etat a lourdement investi dans le réaménagement des territoires reconquis et la préparation des villages au retour à la vie normale. En l’occurrence, Kaboré a accéléré son plan de développement PNDES, et signé des dizaines d’ordres exécutifs. L’Etat a dépensé des centaines de millions dans les installations sanitaires, la reconstruction des écoles, l’électrification et l’assainissement de l’eau.

L’attentat de Solhan manifeste donc ses effets destructeurs. Les familles déplacées par la menace terroriste depuis plus d’un an réclament aujourd’hui que l’Etat garantisse en plus la sécurité. Ce qui pourrait s’avérer compliqué, au vu de la chute du budget militaire et le manque d’alliés dans la sous-région, dont souffre le Burkina Faso.

Les intentions de Roch Marc Christian Kaboré

Le président Roch Marc Christian Kaboré a essayé de mobiliser ses partenaires internationaux traditionnels. Mais à part le président ghanéen Nana Akufo-Addo, peu de voisins ont répondu à l’appel. Clairement, la position de Kaboré, contre l’ingérence française, lui a couté des amis dans la région.

Rappelons aussi que les manifestations du 3 et du 4 juillet ont été grandement promues par l’opposant Eddie Komboïgo. Ce dernier fait partie du camp de l’ancien président Blaise Compaoré, impliqué dans le meurtre du héros national Thomas Sankara. Le front de l’opposition, qui dirige cette mouvance contre le gouvernement,est donc sensiblement pro-occiedental. 

L’intérêt de ces manifestations est alors nettement politique pour les « organisateurs ». Néanmoins, la situation sécuritaire demeure une priorité. A cette fin, et en réaction à la castastrophe de solhan , le Premier ministre Christophe Dabiré cherche un remplacement aux deux ministres de la Défense et de la Sécurité. Ces derniers ont été limogés par le président Kaboré mercredi dernier.

Actuellement, Roch Marc Christian Kaboré assume lui-même la sécurité et la sûreté nationales. Il a aussi promis de renforcer la sécurité dans les régions sinistrées par les attentats terroristes. Il faut aussi rappeler que deux des responsables de l’attentat de slhan  avaient 28 ans. Un fait parmi d’autres qui met en relief l’importance de l’accomplissement du plan de l’Etat du Burkina Faso dans le traitement hybride de la menace terroriste. Premièrement, l’Etat poursuivrait ses efforts dans l’incitation au désarmement volontaire des jeunes Burkinabé manipulés par les organisations terroristes. Deuxièmement, il renforcerait la présence des forces de sécurité dans les zones sensibles, afin de couvrir le retour des populations déplacées.

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