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RDC : au moins 50 morts dans l’attaque de deux villages en Ituri (Vidéo)

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En République démocratique du Congo (RDC), au moins 50 personnes sont mortes dans l’attaque de deux villages dans le nord-est du pays.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des hommes armés ont pris d’assaut les villages de Boga et de Tchabi, dans le territoire Irumu en Ituri. Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), les assaillants ont pris pour cible le site de déplacés de Rubingo. Parmi les victimes de l’attaque de Tchabi se trouve la femme du responsable de la chefferie de Banyali-Tchabi.

Le décompte des morts est toujours en cours alors qu’un précédent bilan faisait état de 39 victimes. A l’issue d’une réunion sécuritaire à Bunia, l’armée a avancé de son côté un bilan provisoire de 53 morts : “31 à Boga et 22 à Tchabi”.

Un député de l’Ituri, Gracien Iracan, a fait état de son côté d’une soixantaine de morts au total. “Des corps continuent à être découverts, donc le bilan risque de s’alourdir. Il y a encore beaucoup de blessés en brousse, où tout le monde a fui. Sept camions sont descendus sur place pour récupérer les victimes, c’est une situation dramatique. Les assaillants sont arrivés en très grand nombre. L’attaque était bien ciblée, avec deux responsables locaux qui ont été tués.”

Tensions entre ethnies locales

Un responsable local attribue l’attaque aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliés (ADF) alors que la région est aussi marquée par des tensions entre deux ethnies locales, les Nyali et les Banyabwisa. Une théorie privilégiée par d’autres sources locales.

Les deux villages attaqués, distants d’environ 10 km, sont à la limite entre le Nord-Kivu et l’Ituri, dans une zone, frontalière avec l’Ouganda, où les ADF sont réputés actifs. Le site de déplacés de Rubingo attaqué abrite des Nyali, tandis qu’un autre site situé à environ 400 mètres, occupé majoritairement par les Banyabwisha, a été épargné, alimentant localement les spéculations sur l’identité des assaillants.

Conflit communautaire

Province aurifère à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, l’Ituri a longtemps été une région troublée par les violences et les massacres au cours des trois dernières décennies.

Entre 1999 et 2003, un conflit communautaire avait fait des dizaines de milliers de morts. Des membres des communautés Lendu et Hema s’étaient entretués par milices interposées jusqu’à l’intervention en 2003 de la Force européenne Artémis, sous commandement français.

Après quelques années d’accalmie, la province a renoué avec les violences depuis décembre 2017, mais plus au nord, dans le territoire de Djugu, avant de toucher aussi les territoires d’Irumu, Mahagi et Aru, sur la façade orientale de la province.

Attaques meurtrières

Une grande partie de ces violences, qui ont fait plus de 1 000 morts et des milliers des déplacés, est imputée aux membres d’un groupe Maï-Maï appelée la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco). Aujourd’hui scindée en plusieurs factions rivales, la Codeco prétend défendre les intérêts des Lendu.

Quant aux ADF, ils ont multiplié ces derniers mois leurs attaques meurtrières plus au sud, dans la province du Nord-Kivu, mais des massacres leur ont également été attribuées en Ituri, dans des zones limitrophes du Nord-Kivu.

À l’origine rebelles musulmans ougandais installés en RDC depuis 1995 où ils ont fait souche, les ADF sont de loin le plus meurtrier des 122 groupes armés recensés dans l’Est congolais par le KST. Le 11 mars, les États-Unis ont placé les ADF parmi les “groupes terroristes” affiliés aux djihadistes de l’organisation État islamique (EI).

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